Mandarinier Tango
Citrus reticulata ‘Tango’ — mutation du cultivar W. Murcott
Une mandarine tardive, sucrée et lisse, dont les essais UCR ont mesuré une très faible formation de graines après pollinisation croisée. Le caractère vient d’une mutation induite; Tango est diploïde, non triploïde.

Le Tango est né d’une idée simple: corriger le seul défaut de la Nadorcott — ses pépins en jardin mixte. Sélectionné à l’université de Californie à partir d’un bourgeon irradié du cultivarVariété obtenue par sélection ou culture, différente de la plante d'origine sauvage. W. Murcott, il conserve la douceur et la peau lisse de son parent, mais présente une très faible fertilité semencière: il fait très peu de graines même pollinisé par d’autres agrumes. Deux précisions honnêtes, souvent malmenées: on écrit « très peu de graines », pas « absolument sans pépins »; et Tango est diploïde — sa faible grainaison vient de la mutation, non d’une triploïdie qu’on lui prête parfois à tort.
Le pendant de la Nadorcott (sans pépins seulement isolée). À comparer aussi aux clémentines et au mandarinier commun.
Les repères fiables avant d’acheter
Presque sans pépins, même en jardin mixte
C’est l’atout qui a fait le succès du Tango. Là où la Nadorcott peut former de nombreuses graines après apport de pollen compatible, le Tango a montré une très faible formation de graines dans les essais UCR de pollinisation croisée. Pour un jardin qui compte plusieurs agrumes, ce résultat est prometteur, mais il ne garantit pas chaque fruit ni chaque situation.
Restons précis, cependant: « très peu de graines » n’est pas « zéro » — les essais rapportent moins d’une graine par fruit en moyenne, pas une absence totale. Et une correction importante: le Tango est diploïde. Sa quasi-absence de pépins ne vient pas d’une triploïdie (comme chez certains autres agrumes sans pépins), mais d’une mutation induite. Confondre les deux mène à des conseils erronés.
Le rythme du Tango: pleine terre ou bac
Mandarine mi-tardive à tardive: pleine terre en zone douce, bac ailleurs. Les périodes de Riverside (fin janvier à avril) sont à recaler pour le climat français; jugez la maturité au goût.
| Jan | Fév | Mar | Avr | Mai | Juin | Juil | Août | Sep | Oct | Nov | Déc | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Planter (pleine terre, zone douce) | ||||||||||||
| Protéger du froid (bac rentré / voile en pleine terre) | ||||||||||||
| Sortir le bac | ||||||||||||
| Floraison (printanière) | ||||||||||||
| Récolte (mi-tardive à tardive) | ||||||||||||
| Fertiliser (agrumes) |
Une mandarine tardive, nette et sucrée
Pas besoin d’isoler
Contrairement à la Nadorcott, le Tango n’exige pas d’être isolé des pollinisateurs: sa faible grainaison tient malgré le voisinage.
Sol et froid
Évaluez le pH et l’hiver (F3), comme pour tout mandarinier: ce sont eux qui commandent la santé et la qualité du fruit.
Racine adaptée, abri
Combinaison greffon–porte-greffe identifiée et éprouvée localement, protection hivernale: un arbre à l’aise donne des fruits réguliers.
Récolter tard, au goût
C’est une tardive: laissez mûrir et goûtez. La couleur seule ne dit pas la maturité.
Observer d’abord, traiter seulement après identification
Un même symptôme peut avoir plusieurs causes. Cette grille indique une première vérification, pas un diagnostic à distance ni une ordonnance phytosanitaire.
| Observation | Première vérification | Limite de décision |
|---|---|---|
| Feuilles qui jaunissent | Contrôler humidité, drainage, eau et évolution des jeunes feuilles | Faire confirmer la cause avant tout amendementApport qui améliore durablement la structure ou la richesse d'un sol. |
| Insectes, amas cotonneux ou dépôt collant | Isoler la plante et identifier précisément l’organisme | N’utiliser qu’une méthode ou un produit autorisé pour cet usage, selon l’étiquette locale |
| Fruit coloré mais décevant | Goûter un fruit et vérifier la maturité interne avant de généraliser | La couleur seule ne suffit pas à diagnostiquer maturité ou maladie |
En cas de dépérissement rapide, de symptôme inhabituel ou de doute réglementaire, sollicitez un professionnel ou le service phytosanitaire compétent.
La mandarine « pratique »
Le Tango se mange frais avant tout: sa peau lisse se détache bien, sa chair sucrée n’a presque pas de pépins — l’idéal pour les enfants et les desserts. Il se presse en jus doux et son zeste parfume pâtisseries et infusions. Son atout n’est pas un goût radicalement différent d’une bonne mandarine, mais la commodité: la douceur d’une tardive, sans les graines.
Ce que disent les normes — et le droit
Le Tango relève du groupe « autres mandarines et hybrides »: le minimum nominal est de 45 mm; 43 mm n’est admis que dans la tolérance de calibre de 10 %. Le minimum est de 33 % de jus et le rapport sucre/acide d’au moins 7,5:1. Ce sont des seuils commerciaux: au jardin, la maturité se juge aussi au goût, pas à la seule couleur.
Les données du brevet UCR décrivent, dans les conditions de l’essai, un fruit moyen d’environ 59 mm et 90 g avec moins d’une graine par fruit — des valeurs d’essai, non une promesse commerciale universelle. Le brevet végétal américain a expiré en 2026, mais cette échéance ne prouve pas une liberté de multiplication en France ou dans l’Union européenne. Avant toute greffe, bouture ou prise de matériel, vérifiez le registre OCVV/CPVO en vigueur, le territoire, les marques et le contrat du fournisseur.
Ce que l’on demande le plus souvent
Le Tango est-il vraiment sans pépins?
Presque: il fait très peu de graines (moins d’une par fruit en moyenne dans les essais), même pollinisé. « Très peu », pas « zéro »: quelques pépins restent possibles.
Le Tango est-il triploïde?
Non, c’est une erreur fréquente. Le Tango est diploïde: sa faible grainaison vient d’une mutation induite sur W. Murcott, pas d’une triploïdie.
Quelle différence avec la Nadorcott?
Le pollen compatible peut fortement augmenter les graines de Nadorcott. Dans les essais UCR cités, Tango en a formé beaucoup moins après pollinisation croisée; quelques graines restent toutefois possibles et aucun résultat individuel n’est garanti.
Puis-je le multiplier moi-même?
Ne déduisez pas une autorisation française ou européenne de l’expiration du brevet américain. Vérifiez le registre OCVV/CPVO et la licence applicables à votre plante, territoire et usage avant de greffer, bouturer ou prélever du matériel.
Sources et contrôle
Dernière vérification scientifique: 2026-07-31. Les mesures restent liées aux essais californiens; le brevet américain a expiré en 2026 et les éventuels droits territoriaux doivent être vérifiés dans le registre vivant avant multiplication.
- UC Riverside — fiche technique Tango: sélection par mutation de W. Murcott, diploïdie, pollinisation croisée et nombres de graines observés.
- Brevet végétal US PP17863: protocole de sélection, mesures de fruits et contexte exact des essais.
- University of California — mise à jour du 22 janvier 2026: expiration du brevet aux États-Unis et rappel de protections possibles dans d’autres territoires.
- EUR-Lex — norme de commercialisation des agrumes: calibre nominal, plancher de tolérance, jus et rapport sucre-acidité.
- OCVV/CPVO — bases de données variétales: accès officiel au registre public et à Variety Finder pour une vérification territoriale datée.
- SNHF — oranger doux : source horticole française utilisée seulement pour le drainage, la culture en bac et l’hivernage général des agrumes ; aucune performance propre au cultivar n’en est déduite.
- IVIA — évaluation des mandariniers et porte-greffes : source officielle espagnole utilisée uniquement pour la frontière expérimentale selon laquelle une combinaison se juge par le site, le climat, le sol et le système de culture ; aucun classement universel n’est transféré.
- EUR-Lex — règlement délégué (UE) 2023/2429 : source officielle française des seuils applicables aux lots commercialisés d’autres mandarines et hybrides ; 45 mm nominal, 43 mm seulement dans une tolérance de calibre de 10 %, jus 33 % et rapport sucre/acidité 7,5:1. Ces valeurs ne décrivent pas la performance d’un arbre.