Purin d’ortie et de consoude : recette, dilution et limites
Il n’existe pas un « dosage exact » valable pour tous les purins d’ortie ou de consoude. La concentration dépend de la masse de plantes, du volume d’eau, de la durée, de la température et du filtrage. Il faut surtout distinguer un engrais liquide maison d’une préparation destinée à protéger les plantes : ce ne sont ni la même recette, ni le même cadre d’emploi.
Le repère de dilution dépend de la fabrication
| Préparation | Repère de départ | Usage prudent |
|---|---|---|
| Extrait végétal fait avec de l’eau | Environ 1 volume d’extrait pour 10 volumes d’eau | Arrosage du sol déjà humide autour de plantes gourmandes. |
| Concentré produit sans ajout d’eau | Environ 1 pour 20 | Dilution plus forte car le jus recueilli est concentré. |
| Jeunes plants ou plante inconnue | Plus dilué et essai sur une petite zone | Observer avant de renouveler. |
| Produit du commerce | Étiquette du produit | La composition normalisée prime sur toute recette de blog. |
Ces valeurs sont des points de départ horticoles, pas une analyse NPK. La RHS conseille aussi de viser, après dilution, une couleur de thé léger : un repère imparfait mais plus honnête qu’une précision fictive.
Préparer un engrais liquide de consoude
- Porter des gants et couper des feuilles saines, de préférence avant la montée en graines des plantes indésirables.
- Les tasser dans un récipient non métallique muni d’un couvercle, les maintenir immergées et ajouter de l’eau.
- Laisser évoluer à l’extérieur. Pour la consoude couverte d’eau, la RHS donne environ trois semaines ; la température et la taille des morceaux font varier la durée.
- Filtrer, diluer autour de 1 pour 10 et utiliser rapidement au pied, sur un sol humide.
La consoude est souvent choisie pour les plantes en floraison ou en fructification, mais la teneur réelle du liquide varie. Ce n’est pas un correcteur précis d’une carence diagnostiquée.
Préparer un engrais liquide d’ortie
Le même principe convient aux jeunes parties aériennes d’ortie : récipient couvert, plantes immergées, puis filtration. Pour un extrait long fait avec de l’eau, 1 pour 10 est un repère de départ pour l’arrosage d’une plante établie ; une dilution plus forte est préférable pour un jeune plant. Ne pas appliquer par automatisme aux arbres et vivaces bien installés qui n’ont pas besoin d’apports liquides réguliers.
Repère du Châtelain. Arroser d’abord le sol s’il est sec, puis apporter la préparation diluée. Une plante stressée par la sécheresse ne devient pas plus résistante parce qu’on augmente la concentration.
Engrais ou protection des plantes : ne pas mélanger les usages
L’arrêté français de 2011 décrit une préparation d’ortie à usage phytopharmaceutique : 1 kg pour 10 litres, macération courte de trois à quatre jours à 18 °C, filtration puis dilution dans environ cinq fois son volume d’eau. Cette recette officielle ne valide pas toutes les fermentations maison contre tous les pucerons ou maladies. Les usages, doses et fréquences d’un produit de protection doivent rester ceux de son autorisation ou de son étiquette actuelle.
Pour l’engrais liquide domestique présenté ici, l’application au sol est la voie la plus prudente. La RHS déconseille le pulvérisateur avec les engrais maison afin d’éviter d’inhaler des micro-organismes. Porter des gants, se laver les mains et garder le récipient identifié hors de portée des enfants et animaux.
Quand réduire ou arrêter
- Feuilles très sombres et molles, croissance excessive ou dépôts à la surface du pot.
- Substrat déjà fertilisé ou apport récent de compost riche.
- Plante affaiblie par chaleur, froid, racines asphyxiées ou manque d’eau : le diagnostic passe avant l’engrais.
- Proximité immédiate d’un bassin ou d’un cours d’eau, où les pertes nutritives favorisent l’eutrophisation.
FAQ
Combien de temps faut-il laisser macérer ?
Pour un engrais liquide couvert d’eau, la décomposition prend souvent deux à quatre semaines, mais la température et la matière changent le délai. Une recette phytopharmaceutique courte est un autre produit et suit ses propres conditions.
Peut-on mélanger ortie et consoude ?
On le peut pour un apport nutritif empirique, mais le mélange devient encore moins quantifiable. Il ne doit pas être présenté comme une formule NPK précise ni comme un traitement homologué.
À quelle fréquence arroser ?
Il n’y a pas de calendrier universel. Réserver l’apport aux plantes qui poussent activement et en ont besoin, puis observer la réponse avant de renouveler.