Transformer son abri de piscine en magnifique Jardin d’Hiver
Transformer son abri de piscine en jardin d’hiver : est-ce techniquement possible ?
L’hiver approche et l’abri de piscine haut devient un espace inexploité. Et si cette structure bioclimatique devenait l’écrin parfait pour abriter vos essences exotiques et agrumes fragiles durant les mois froids ? Retour sur un concept hybride d’exception.
L’installation d’un abri de piscine haut (ou mi-haut) représente un investissement architectural majeur qui permet de recréer un microclimat captif prolongeant la baignade jusqu’aux portes de novembre. Toutefois, une fois la couverture d’hivernage posée sur l’eau, que faire de cet immense volume chauffé par l’effet de serre naturel ? Pour les paysagistes concepteurs, cet espace vide est une véritable hérésie domotique et végétale. La tendance absolue est la transformation saisonnière de cet abri en un véritable jardin d’hiver.
Héberger des espèces botaniques gélives sous la bulle de votre bassin exige cependant une maîtrise parfaite de l’hygrométrie et de la température. Ce n’est pas une simple serre de culture : c’est un milieu clos à très forte inertie avec des contraintes chimiques particulières dictées par l’eau traitée (chlore, brome, ou au sel).
Le défi de l’hygrométrie et du chlore
Le principal obstacle à la survie des pépites botaniques sous un dôme de piscine réside dans l’atmosphère confinée. Bien que la température y soit incroyablement douce lors des froides journées ensoleillées, l’hygrométrie (taux d’humidité de l’air) y est souvent saturée, dépassant régulièrement les 85%. De plus, si votre eau n’est pas intégralement bachée (couverture opaque ou volet roulant automatique), les émanations subtiles des produits de traitement peuvent causer des nécroses foliaires (brûlures) sur les plantes les plus délicates.
La première règle est donc d’équiper impérativement le bassin d’une lame de couverture étanche durant tout l’hiver, coupant ainsi l’évaporation et bloquant les effluves chimiques. Deuxièmement, la ventilation quotidienne de l’abri (ouverture des portes ou des impostes d’aération quelques heures en pleine journée) est capitale pour limiter l’apparition de maladies cryptogamiques (champignons) sur vos spécimens tropicaux.
Le Conseil du Paysagiste
Protégez impérativement les plages du bassin lors des arrosages ! L’eau résiduelle s’écoulant des pots est chargée de terreau, de tanins et d’engrais. Si ces nutriments s’écoulent sous les margelles et tombent dans l’eau de la piscine, vous provoquerez une explosion spectaculaire d’algues moutardes dès la remise en route printanière. Utilisez toujours des coupelles profondes montées sur roulettes.
Les agrumes : Rois incontestés du jardin d’hiver aquatique
S’il est une famille botanique qui excelle dans ces conditions légèrement confinées mais baignées de lumière tamisée et hors gel absolu, ce sont les Rutacées : la famille des agrumes exquises. Contrairement aux idées reçues, les orangers et les citronniers détestent la chaleur sèche des intérieurs chauffés de nos maisons l’hiver. Ils exigent un repos végétatif autour de 8°C à 12°C, des températures précisément atteintes la nuit sous un abri de piscine bien isolé de type polycarbonate double alvéolaire ou vitrage de sécurité.
En hiver, lorsque le jardin extérieur dort, votre abri se métamorphose en une serre odorante. C’est l’emplacement stratégique idéal pour protéger les variétés rares et chères : cultiver un majestueux Citron Caviar en pot devient un jeu d’enfant sans le stress des gelées mortelles. Il en va de même pour le Cédrat, le Yuzu ou le délicat Bergamotier qui profiteront d’une inertie thermique parfaite grâce à la masse d’eau adjacente.
Quelles autres essences tropicales acclimater ?
Outre les célèbres agrumes, l’abri de piscine est le refuge de prédilection de nombreuses espèces d’affinité tropicale et subtropicale qui structurent habituellement vos terrasses l’été. Vous pouvez y rapatrier en toute sécurité vos luxuriants Bougainvilliers en bacs (qui perdront leurs feuilles mais conserveront leur ramure vivante), vos immenses Fougères de Tasmanie (Dicksonia antarctica) à condition de vaporiser abondamment le cœur fibreux de leur tronc, ou encore vos majestueux Oiseaux de Paradis (Strelitzia nicolai).
Il conviendra toutefois d’exclure formellement l’installation de palmiers trop envahissants ou de bambous en pot dont la force racinaire extrême pourrait menacer de fracturer les dalles de votre sol, ou pire, endommager la coque ou le liner de la piscine en quête viscérale de l’humidité du bassin souterrain.
L’esthétique nocturne : la scénographie finale
Transformer cet espace sécuritaire en jardin d’hiver, c’est aussi s’offrir un tableau magique depuis la maison. Un simple réseau d’éclairage basse tension (12V) posé aux pieds de vos citronniers en bacs, combiné à l’éclairage bleuté subaquatique de la piscine sous bâche, crée une atmosphère crépusculaire d’un romantisme et d’un modernisme absolu. En associant rigueur botanique, gestion thermique de sécurité et domotique d’éclairage, l’abri de piscine cesse d’être une contrainte pour s’ériger comme l’épine dorsale de votre aménagement d’excellence.